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Prise en charge psychothérapeutique

La psychothérapie est avant tout une technique thérapeutique qui vise à cerner la participation du sujet dans ce qui lui arrive. Ce travail d’élaboration psychique se déploie sur l’axe de la parole. Il réclame l’adhésion du sujet au cadre et à la méthode.

Faire le pari d’un soin par la parole pour les sujets toxicomanes qui ont plus l’habitude d’agir que de parler est audacieux. Il serait cependant encore plus risqué de ne pas le tenter.

En effet, l’écoute, pour ne pas dire l’observation des parcours de toxicomanes, met en lumière le phénomène de la répétition des échecs, des souffrances. Ces phénomènes sont le plus souvent inconscients et leur échappent totalement. Les patients ne peuvent qu’être témoins de leurs conséquences.

Faire le choix de n’agir que sur les comportements, dans le champ de la réalité, c’est-à-dire, trouver des solutions concrètes, matérielles, sans que ne soient parlées ces répétitions, conduit à des impasses.

Si le soignant (qu’il soit psychologue, éducateur, assistante sociale, etc. ) ne s’interroge pas et le patient avec lui, sur le sens de ces rechutes, de ces échecs, ceux-ci ont de grandes chances de se renouveler sans que le sujet y comprenne quoi que ce soit.

Partant de ce principe il sera possible de parler peu à peu psychothérapie. Longtemps il sera question de soutien psychologique, capable de permettre au sujet toxicomane de ne pas répéter les mêmes conduites et d’en attribuer la responsabilité à des causalités extérieures.

Ce n’est qu’au fil des prises en charge que progressivement, le lien entre parler et aller mieux apparaîtra au patient. C’est au moment où son rapport au produit se sera distendu qu’il pourra mettre en oeuvre ce travail psychothérapeutique grâce auquel il sera susceptible de comprendre les mécanismes de ses répétitions, de donner un sens à ses rechutes et ainsi de les éviter.

Ce mode d’approche des soins aux toxicomanes n’est pas à envisager comme la fin de la « chaîne thérapeutique », même si c’est parfois le cas.
Il peut bien entendu se mettre en place parallèlement à une prise en charge socio éducative et/ou médicale.


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